Sud Ouest

Catalogne indépendante : l’ardente équation

Dans le cadre du 30e anniversaire du jumelage Blaye-Tàrrega, un dîner débat animé par l’universitaire Michel Martinez s’est déroulé vendredi.La présidente de Blaye-Tarrega Cathy Boyer et Michel Martinez.© PHOTO
PHOTO M. M.

C'est au restaurant l'Olifant à Saint-Martin-Lacaussade que le conférencier Michel Martinez Perez, docteur en espagnol, maître de conférence à l'Université Toulouse 1 Capitole et spécialiste des mouvements nationalistes en Espagne, a abordé pendant 1 h 30 le thème « Catalogne de l'origine à l'indépendance ». Il a ensuite répondu aux questions de l'auditoire, une trentaine de spécialistes ou amoureux de la Catalogne.

En effet, un référendum pour l'indépendance va avoir lieu le 9 novembre prochain. Les deux questions qui seront posées sont : « Voulez-vous un État catalan indépendant ? » et « Voulez vous que cet État soit rattaché à l'Espagne ? » La réponse du conférencier, qui rappelait que la Catalogne a alterné au cours de l'Histoire entre des périodes où elle était dépendante de l'État espagnol et au contraire indépendante, a été mitigée. Concernant l'Histoire récente, on peut noter par exemple les dix dernières années. En 2005, le nouveau premier ministre socialiste Zapatero promet l'autonomie à la Catalogne, voulue par 73 % des Catalans. Mais le Parti Populaire, de droite, fait un recours auprès du Conseil constitutionnel. Celui-ci met cinq ans pour répondre que les articles de loi pour cette autonomie sont inconstitutionnels…

Une troisième voie ?

Aussi, en juillet 2010, à l'appel de la société civile, une association de 35 000 Catalans, un million de manifestants (sur les 7 millions d'habitants de la Catalogne) manifestent à Barcelone pour réclamer un État. D'où le référendum de novembre. Les négociations « ne pourraient-elles pas conduire à une troisième voie : un État catalan au sein de la monarchie espagnole avec une indépendance culturelle, sanitaire et économique, laissant seulement à l'Espagne la diplomatie et l'armée ? » Telle fut la conclusion de Michel Martinez qui a souligné à la veille des élections européennes que « les Catalans, surtout la société civile, veulent être indépendants mais rester dans l'Union Européenne. Les Catalans ne sont pas violents. Leurs élus, en général indépendants des partis équivalents espagnols, suivent la société civile ». Affaire à suivre… En attendant le Comité de jumelage autour de sa présidente, Cathy Boyer, prépare activement les grandes festivités début juillet à Blaye pour fêter les 30 années de rapprochement entre Blaye et la Catalogne.

Michèle Méreau